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Appel à contributions - Distances et savoirs
Appel à contributions pour le Volume 7, numéro 3 - "Praticiens et chercheurs : au-delà du dialogue ?". Numéro coordonné par: Hugues Choplin
1. Instrumentation de la recherche par des praticiens visant d'abord à légitimer leurs actions dans un contexte incertain ; exploitation d'un terrain par des chercheurs finalement trop éloignés de l'action pour pouvoir être réellement soucieux des améliorations concrètes susceptibles d'y être apportées : les acteurs de la recherche-action connaissent bien ces phénomènes. Sans doute partiellement inévitables, ces phénomènes s'avèrent particulièrement dommageables lorsqu'ils se déploient dans un domaine, comme celui des dispositifs de formation ouverte et à distance (FOAD), qui semble, aujourd'hui, le lieu de pratiques complexes, peu stabilisées et significativement affectées par les dynamiques qui transforment en profondeur les organisations - universités ou entreprises - dans lesquelles ces dispositifs s'inscrivent. Ne peut-on penser que la recherche - ou du moins qu'une certaine recherche - a, dans ces milieux mouvementés, un rôle tout particulier à jouer auprès des praticiens de la FOAD ? Inversement, les paradigmes de recherche existants ne peuvent-ils gagner à être confrontés - d'une certaine manière - à ce type de pratique et de milieu ? C'est à la caractérisation de ces rapports entre recherches et actions - dans le cadre des pratiques de FOAD en milieu mouvementé - que nous proposons de consacrer ce numéro épistémologique de Distances et savoirs.

2. Recherche-action, recherche-action-formation, praticien-réflexif, recherche-innovation : souvent mobilisés dans le cadre de la FOAD, ces concepts permettent de revaloriser le rôle des praticiens - enseignants, tuteurs, concepteurs, chefs de projet... - dans la production de connaissances et, partant, de dénoncer les limites d'une recherche appliquée, censée résoudre des problèmes posés dans une situation singulière par la mobilisation de connaissances produites ailleurs (en laboratoire). Aussi légitimes soient-ils, ces concepts rendent-ils cependant suffisamment compte de ce qui se passe - ou ne se passe pas - entre ces deux mondes que sont ceux de la recherche et de l'action ? Ne tendent-ils pas à atténuer l'hétérogénéité de ces deux mondes (du point de vue des manières de pensée et des modes de travail qu'ils convoquent), et les difficultés qu'il y a à réguler le processus structurant les relations qui peuvent s'établir - ou ne pas s'établir - entre eux, difficultés encore accentuées par les transformations du milieu dans lequel ils se déploient ? En particulier, jusqu'à quel point les catégories de dialogue ou de coopération (que portent ces différents concepts) sont-elles pertinentes pour expliquer la singularité de ce processus ? S'il y a probablement des moments de dialogue ou de coopération entre chercheurs et praticiens, ces moments ne doivent-ils pas être compris sur d'autres bases théoriques que celles - sans doute prioritairement éthiques (ou prescriptives) - du dialogue ou de la coopération ?

3. Dans cette perspective, ce numéro s'organise selon deux objectifs complémentaires, non hiérarchisés :
a) sur un plan théorique : proposer des concepts de nature à caractériser, prioritairement dans le domaine de la FOAD en milieu mouvementé, les relations entre les praticiens et les chercheurs - ou entre les pratiques et les recherches - au-delà des « lieux communs » du dialogue, de la coopération ou encore de l'apprentissage réciproque. Ces concepts pourront par exemple concerner, sur un plan épistémique, la nature des « objets » (savoirs, principes, problèmes, outils...) qui circulent entre les deux mondes et les modes mêmes de cette circulation ; sur un plan organisationnel, les agencements (dispositifs, espaces-temps, collectifs...) qui configurent les relations entre les pratiques et les recherches ; sur un plan historique : les événements (plutôt que les étapes) qui dynamisent ces relations2 ;

b) sur un plan plus concret : proposer des études de cas rendant compte de la singularité des relations entre actions et recherches en milieu mouvementé. Ces études de cas pourront cibler des contextes universitaires ou d'entreprise.

Modalités et calendrier
1. 15 avril 2009 : remise d'une première proposition (entre 10 000 et 15 000 signes)
- Cette première proposition se positionnera aussi clairement que possible par rapport à l'appel à articles. Tous les ancrages disciplinaires possibles (sciences de l'éducation, sciences de l'information et de la communication, informatique, sociologie, philosophie...) sont a priori les bienvenus dans ce numéro thématique, dans la mesure où les articles font bien valoir
- prioritairement - des enjeux épistémologiques. Ne seront a priori pas retenus les articles a) qui subordonnerons l'analyse des enjeux épistémologiques à la description d'un dispositif de formation ou b) qui se centreront, à l'encontre de cet appel, sur la coopération ou le dialogue en tant que tel des praticiens et des chercheurs.
- Elle précisera également explicitement le type d'article proposé : textes théoriques ou études de cas.
- Dans le cas des textes théoriques, une attention particulière sera bien entendu apportée à la qualité de formulation de la problématique proposée.
2. Juin 2009 : choix des propositions retenues + avis sur l'ensemble des propositions
3. 10 septembre 2009 : remise des versions développées des articles
4. fin novembre 2009 : remise des versions finales.

posted by Jérôme Zeiliger on 02/05/09 10:21:04
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